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Émotions sous contrôles

Je vous en avais parlé dans mes précédents articles et dans nos chroniques racontées, ma vie a pris une tout autre direction l’année dernière, en septembre 2025. Cette nouvelle organisation dans ma vie a entraîné de nombreuses angoisses, que je subis encore aujourd’hui.  Même si le travail thérapeutique que j’effectue avec ma psy m’aide à y voir plus clair, je souhaitais le mettre par écrit dans ce nouvel article. Car oui, il fut un temps où Deeply Sensitive et mes écrits étaient pour moi une véritable thérapie. Même si je ne fais pas de référence directe à la haute sensibilité, je crois qu’il faut que je continue sur cette voie, écrire pour mettre à plat ce que je ressens, toujours intensément.

Mon nouveau chemin de vie, j’y pensais depuis plusieurs années. L’aventure Deeply Sensitive apportant du sens à mon existence, ma manière de ressentir et de comprendre le caractère hautement sensible, cette appétence pour comprendre l’esprit humain et l’envie d’avoir un métier m’appelaient davantage. Écoutant mes croyances limitantes (métro, boulot, dodo), j’ai refoulé cette envie de renouveau, jusqu’à l’événement de ma porte qui m’a paru comme un signe qu’il était temps. Il m’était signifié qu’il fallait que je change de vie, et que si je voulais aller plus loin, il fallait mettre les choses en mouvement même si tous mes doutes accompagnaient cette idée. Alors j’ai fait tout le travail avec mon CEP, annoncé mon projet à mon patron, et commencé les démarches avec courage et détermination. En septembre 2025, je commençais alors à travailler en indépendant et à suivre mes cours, tout en gérant l’administratif d’une reprise d’activité entrepreneuriale. À cela s’est ajouté également l’emménagement de mon copain avec moi. Beaucoup de choses arrivées en si peu de temps, qui me provoquèrent à plusieurs reprises des crises d’angoisse.

Il fallait que je comprenne pourquoi toutes ces crises d’angoisse apparaissaient. Peur de l’échec ? Peur de manquer ? Non il s’agissait de quelque chose de beaucoup plus profond. Une perte de contrôle… Et c’est bien ce que j’ai vécu ces dernières années au travers de multiples événements… une perte de contrôle. D’une certaine manière, je me suis rendu compte que j’avais mis en place une bulle, enrobée de barrières et de verrous, dans laquelle je pouvais contrôler. Par peur de l’inconnu mais aussi de revivre l’épuisement passé, je m’étais construit plusieurs routines rassurantes laissant peu de place à l’imprévu. Je ne dirais pas que c’est la faute de ma haute sensibilité, mais pour éviter d’être surstimulé, j’ai érigé une bulle certes, mais construite avec des murs en béton infranchissables. Je m’y sentais en sécurité certes mais ces murs étaient sans doute construits sur la base de croyances limitantes avec des fondements bien solides. Sauf que quand j’ai commencé à les déconstruire, tout en gardant tout de même ma petite bulle, j’ai fragilisé les murs en essayant de les déconstruire sans peur.

Je vous ai fait part dans de nombreux articles qu’il est important quand nous sommes hautement sensibles de retrouver des moments pour soi. C’était facile à dire pour moi qui vivais seul, avec un emploi stable et qui avais donc le temps et l’équilibre nécessaire pour le faire. Sauf que nous n’avons pas tous cette possibilité et parfois certaines choses nous dépassent. Avec ma nouvelle vie, beaucoup de mes habitudes se sont retrouvées bouleversées et j’ai alors compris qu’il était difficile parfois de s’accorder du temps et de retourner dans sa bulle, et encore je ne suis pas le plus à plaindre. Finalement l’idée de la bulle était vue pour moi comme un espace où je pouvais tout contrôler. Mes émotions, mes expériences et l’extérieur en le mettant à distance. C’est là qu’a été mon erreur, une bulle pour des personnes hautement sensibles, ça n’est pas un lieu de contrôle, mais un lieu pour se retrouver. Elle n’est pas une forteresse et ne se situe pas uniquement chez nous physiquement. Mais plutôt dans notre esprit où nous pouvons y accéder à tout moment. Finalement ma bulle je l’ai construite pour me protéger de tous sentiments et émotions néfastes car leurs ressentis étaient désagréables pour moi. Sauf que toutes les émotions sont importantes à vivre, et plutôt que de se protéger pour ne pas les ressentir, il vaut mieux prendre le temps. Et c’est là que notre bulle peut servir, pour prendre le temps de ressentir, de les exprimer à notre manière mais aussi pour se remettre en quelque sorte. Elle peut nous servir à mettre de la distance avec le stimulus extérieur mais pas à en faire une barrière contre. Car toute chose est importante à vivre et c’est ça la vie. Elle est belle dans tous ses aspects même les plus désagréables.

Je vous remercie infiniment d’avoir lu cet article, et de continuer à nous soutenir au quotidien. Actuellement je poursuis mes réflexions autour de cette bulle et je vous en parlerai certainement dans un prochain article. Est-ce que finalement si j’ai construit cette bulle est-ce part peut de ressentir une émotion désagréable ou bien par peur de l’exprimer d’une manière qui serait inadéquate ? La suite au prochain épisode. 

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