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La promesse des mésanges à tête bleue

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours eu une passion pour l’écriture, la papeterie, les jolis carnets, crayons et autres jolies cartes. Malgré l’ère numérique, je n’ai jamais cessé d’écrire des lettres manuscrites à ma famille et mes amis. C’est l’un de mes petits bonheurs. J’adore par-dessus tout dégoter des cartes qui, je le sais, plairont à mes proches. Je les mets alors précieusement de côté pour les envoyer lors de fêtes, anniversaires et autres occasions spéciales… 

L’automne dernier, j’ai trouvé cette sublime carte présentant des mésanges à tête bleue posées sur une branche dorée. Elle était parfaite. Douce, délicate, élégante, et surtout, les mésanges bleues sont parmi les oiseaux que mon grand-père préfère. Je le comprends, elles sont si belles. Comme à mon habitude, j’ai rangé la carte dans mon placard dédié à la papeterie, en attendant avec impatience de pouvoir l’envoyer au mois de juillet pour son anniversaire. 

La vie étant ce qu’elle est, et plus qu’incertaine, mon cher papy s’en est allé en ce mois de mars, une journée avant l’arrivée du printemps. Je n’aurais plus jamais l’occasion de lui envoyer la si jolie carte aux mésanges pour son 76ème été. Il est cocasse de se dire que tout ne tient qu’à un timbre…

Il y a plusieurs semaines, je commençais à réfléchir à la grande fête que j’aimerais organiser pour mes 30 bougies, en me disant intérieurement que j’aimerais que mes grands parents soient toujours présents pour y assister (dans 2 ans). Et puis, quelqu’un m’a dit que je ne devrais pas attendre pour faire la fête afin de pouvoir profiter pleinement des êtres aimés. Pourquoi attendre un anniversaire pour faire la fête ? Pourquoi attendre une occasion pour envoyer une carte ? Pourquoi remettre à demain ce coup de téléphone ? Pourquoi attend t-on toujours trop longtemps pour faire les choses, dire et montrer qu’on aime ? La vie mérite d’être vécue et célébrée chaque jour. 

Je me fais aujourd’hui la promesse de ne plus attendre un événement particulier pour voir un proche, faire plaisir, dire à ceux que j’aime qu’ils sont aimés, que je pense à eux… C’est aussi ça, lâcher prise et vivre chaque jour comme il vient… Carpe diem.

A cœur ouvert, je vous partage cette carte écrite trop tard… : 

Cher papy,

Tu m’as offert beaucoup de jolis souvenirs d’enfance pour lesquels j’ai tant de gratitude. Je m’adresse à toi aujourd’hui pour te dire : « merci ». 

Tu es celui qui m’a tant appris sur la nature, qui m’a appris à la connaître et la respecter. Tu m’as appris à pêcher, à reconnaître les champignons, tu m’as appris à voir la beauté de la forêt et à vivre en communion avec les animaux. 

Quand je pense à toi, je pense à nos excursions autour du village pour guetter les renards, je pense à cet arbre et cette colline où tu garais la voiture et d’où l’on voyait les villages alentour et les feux d’artifice du 14 juillet. Je pense aux soirées à regarder les étoiles et à tes frites qui étaient les meilleures. Je pense à ton eau de Cologne qui sentait si fort et au jour où tu as fait fondre mes clefs dans de l’acide, ce qui t’avait fait beaucoup rire, mais moi pas. Je pense à la cancoillotte et aux oiseaux, les mésanges et les rossignols. 

On m’a raconté un jour la légende d’un rossignol, qui tombé amoureux d’une rose, se blessa au cœur s’approchant trop près d’une épine en voulant l’embrasser, lui donnant ainsi sa couleur rouge. Aujourd’hui, je suis moi aussi blessée au cœur, mais je continuerais de chérir ces souvenirs précieux pour te faire vivre un peu plus longtemps. 

Shakespeare a dit que « les Hommes ne sont que des oiseaux de passage », alors je te verrais dans chaque rossignol et chaque oiseau que je croiserai sur mon chemin. 

Un jour plus tard : 

Cher papy, aujourd’hui, c’est le printemps. Cette période où tout renaît. Cela me réjouit et m’émeut. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a une forme de poésie dans ton départ. Toi qui aimait tant la Nature, tu nous quittes et t’en retourne à la Terre, renaissant très bientôt à travers les fleurs… “Si tu n’es plus là, tu es le chant des oiseaux”.

A tous ceux qui renaissent et renaîtront avec le printemps.

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