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Prendre le temps de guérir

Cet article je le retourne dans ma tête depuis longtemps… Je crois même depuis le début de Deeply Sensitive… Et finalement plutôt que de faire un article procès, voire me concentrer sur les aspects négatifs j’ai décidé de leur tourner autrement et positivement. Merci sans doute à la sensibilité avantageuse qui nous permet de nous concentrer sur le positif plutôt que le négatif ou merci à une autre qualité, je ne sais pas vraiment. Dans le podcast de Pascaline, A fleur de peau, je vous parlais de la découverte de ma haute sensibilité alors que j’étais dans une relation toxique. Et bien je crois que c’est le bon moment pour moi d’en parler, enfin de parler surtout de l’après et de ce temps qu’il m’a fallu pour me remettre sur pied.

Au moment des réflexions et de la construction de Deeply Sensitive, je sortais d’une relation plus ou moins compliquée qui avait duré presque 3 ans. 3 ans de hauts et de bas, tellement intense, que quand elle s’est terminée j’ai eu l’impression de sortir d’un rêve. Elle était tellement prenante physiquement et mentalement que je n’ai pas vu le temps passé. Les dernières années de ma vingtaine sont comme si elles avaient été hors du temps mais pourtant bien présentes tant elles m’ont laissé une cicatrice. A la fin, j’étais d’ailleurs partagé entre deux émotions, de la tristesse mais également un sentiment de soulagement. Tristesse car j’aimais véritablement cette personne et que je savais que je ne la reverrais plus, mais un soulagement parce que je savais que j’allais me retrouver. Et ce David me manquait terriblement, même s’il ne serait plus vraiment celui que j’avais laissé 3 ans auparavant. Durant cette période j’avais l’impression d’être en dehors de mon esprit, en dehors de mon corps… Je ne me reconnaissais plus, mon corps n’était plus le mien. Je savais donc qu’il fallait me réapproprier mon être entier, que je fasse le point entre le David du passé, celui qui a traversé tout ça, le David sensible et surtout celui que je voulais être et non celui qu’on m’avait dicté d’être. Car oui j’étais totalement perdu… mais je savais une chose, que même si j’avais peur, que même si j’étais en souffrance, il me faudrait du temps pour me reconstruire et que je m’en sortirai.

Durant cette relation, j’ai eu beaucoup de reproches sur ma sensibilité. Et non pas uniquement de la personne qui partageait ma vie, mais aussi provenant d’autres personnes. Et je le vivais très mal. Sans doute parce que je ne la comprenais pas entièrement. Et même si lors de la création de Deeply Sensitive, je me connaissais davantage, j’ai encore l’impression de découvrir de nouvelles choses sur moi tous les jours. Aujourd’hui j’écoute ma sensibilité pleinement et je dois vous avouer que cela fait énormément de bien. Mais tout ceci ne s’est pas fait en un claquement de doigts. Il a fallu du temps, beaucoup de temps et même encore à ce jour, je sens que je ne suis pas totalement cicatrisé de ce que j’ai vécu. C’est comme si une partie de moi veut aller de l’avant et l’autre reste encore un peu bloqué en arrière… Sans doute parce que j’ai encore des étapes à franchir pour être totalement guéri, ou tout simplement parce que cette partie qui veut rester dans le passé, est là pour me souvenir du chemin parcouru. 

Je savais que je ne pouvais pas me relever facilement. Premièrement pour se relever, il faut s’avouer vaincu. Et j’ai eu beaucoup de mal à me dire que j’avais subi des violences psychologiques et du mal à avouer que j’étais traumatisé et ébranlé. Pour avancer il a fallu que j’accepte tout. La fin douloureuse, ce que j’avais vécu, le fait que j’avais également échoué, sa part de responsabilité, la mienne, la colère et la tristesse. Les temps n’étaient pas faciles… Par moment j’étais heureux, par moment je pleurais de longues heures sans m’arrêter. Et puis, je me suis recentré, j’ai refait des choses que j’aimais, me suis concentré sur la musique, j’ai lancé le blog avec Séléné, je me suis permis des instants pour moi… J’ai même été jusqu’à revisiter certains lieux, regarder certains films, écouter certaines musiques sur lesquelles j’avais des souvenirs de nous deux. Certains diront que je suis maso et que j’aime souffrir. Mais ce n’était pas le cas, ce que je voulais ce n’était pas replonger dans tout ça, mais plutôt me réapproprier tout ça. Comme si ces choses n’appartenaient qu’à moi. J’étais et je suis d’ailleurs toujours entouré d’amour. Je devais avancer tout seul mais je ne l’étais pas vraiment. Car j’ai eu un soutien incroyable de personnes que j’aurais pu perdre et qui d’ailleurs ne me reconnaissaient pas non plus durant cette relation. Et au fur et à mesure, j’ai retrouvé le sourire, mon soleil s’est remis à briller. J’ai laissé le David triste, sans vie, en colère de côté. 

J’ai beaucoup réfléchi durant cette période et je réfléchis toujours d’ailleurs. En me comprenant davantage, j’ai fini par m’accepter et par accepter les autres. Le reste a fait son chemin. Malgré tout ça, je suis reconnaissant de la vie et de ce qu’elle m’a offert durant cette période. Avant j’aurais eu tendance à vouloir faire les choses rapidement, pensant qu’être constamment en mouvement me permettrait d’arrêter de cogiter. Sauf que je m’épuisais et mon corps me faisait comprendre que quelque chose n’allait pas (bonjour eczéma). Tout ceci pour vous dire que rien ne presse. Que chaque chose vient quand elle vient, et que de se presser et de se forcer à vouloir aller mieux tout de suite après des déceptions n’est pas forcément la bonne solution. J’ai appris à vivre mes émotions, à les laisser s’exprimer de quelque manière que ce soit. J’ai écouté mon intuition, des messages que l’univers m’envoie… Je me suis relié à la nature, à ma passion pour la musique. J’ai continué de partager des moments joyeux avec des gens que j’aime. J’ai retrouvé l’enfant en moi, mon soleil intérieur et les valeurs auxquelles je tiens. 

Bien sûr que ma vision a changé sur beaucoup de choses. En négatif ou positif je ne sais pas trop encore. Mais j’ai laissé de côté la colère, je l’ai laissé s’apaiser. Finalement aujourd’hui j’ai pardonné et dans mon malheur j’ai découvert que j’étais une personne hautement sensible. Alors merci, merci à cette personne, à mon entourage, à Séléné, au temps et à la vie. Aujourd’hui je vais beaucoup mieux, et c’est un message positif que je souhaitais vous délivrer. Toi derrière cet écran qui me lit, sache que tu as tout ce qu’il faut pour t’en sortir. Cela prendra peut être du temps mais tu en as besoin. Vis tes émotions, elles sont importantes. Pleurs, cris, ries, danse, saute, chante… et si tu as besoin d’en parler n’hésite pas à te confier à quelqu’un de confiance ou à un professionnel. Tu n’as aucune honte à avoir. Ne culpabilise pas. 

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