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Notre Galerie Sensible – Salle 2

Chaque mois, nous observerons une peinture, une sculpture, une photographie, une musique… Et nous rapporterons à tour de rôle ce que nous avons ressenti. Bien entendu, cette galerie vous met aussi à contribution car nous aimerions beaucoup avoir vos retours ! 


Gustave Courbet, Portrait de Charles Baudelaire, huile sur toile, H. 54 cm ; L. 65 cm, 1848, Montpellier, Musée Fabre. ©wikimédia

Les ressentis de David

Je trouve ce tableau particulier et mes ressentis sont partagés quand je le regarde. Ayant étudié les Fleurs du mal au lycée, j’ai beaucoup d’admiration pour le travail de Charles Baudelaire. L’inventeur du spleen m’a fait littéralement tomber amoureux de la poésie. Et si je suis partagé c’est parce que ses textes sont souvent emplis de mélancolie. Mais ici ça n’est pas l’œuvre de Charles Baudelaire qu’on nous montre mais la perception d’un autre homme, celle du peintre Gustave Courbet. Je ne peux m’empêcher de remarquer les craquelures sur la toile. Et je trouve qu’elles ajoutent un caractère, quelque chose de profond. Ces couleurs, dans les tons marrons, et les craquelures de la toile me font penser à un vieux livre. J’imagine limite cette odeur si particulière que l’on retrouve souvent dans les vieilles bibliothèques. Charles Baudelaire est assis et son visage semble si sérieux. Sa main posée sur le côté, sa posture un peu avachi me rassure. Comme s’il était posé confortablement dans un endroit cosy pour réfléchir. 

Je ne peux m’empêcher de regarder aussi sa tenue. Je trouve qu’il a une classe particulière, quelque chose d’imposant. Ce qui semble être un peignoir, semble traduire ce côté calme, posé et chaleureux. Puis il y a cette étoffe autour de son cou que je trouve particulièrement élégante. 

Enfin, ce qui m’attire le plus dans ce tableau c’est la plume. Comme un éclair de lumière, qui je trouve ressort le plus de ce tableau. Sans doute pour souligner le trait de génie de Charles Baudelaire. Cette plume est fine, blanche, élancée, comme si d’un seul coup Baudelaire peut l’attraper et écrire ses poèmes d’une seule traite. 

La teinte des murs en revanche me met un peu mal à l’aise, je ne sais pas pourquoi. J’ai l’impression que cette couleur foncée me fait penser à la maladie…

Enfin je terminerai en disant qu’en voyant ce tableau, j’imagine que le peintre et l’auteur devait sans doute se côtoyer. Gustave Courbet a, je trouve, fait ressortir une sorte de bienveillance dans ce tableau, comme un éloge à Charles Baudelaire. Et je trouve ça magnifique. 

Les ressentis de Séléné

Je n’ai pas envie de juger cette toile, de vous dire si je la trouve belle ou non, ce n’est pas ce qui m’intéresse dans cet exercice que nous vous proposons avec David. Ce qui m’importe, c’est d’entendre toutes les émotions et les ressentis qui me traversent lorsque je regarde attentivement ce tableau de Courbet. Si vous essayez vous aussi, vous verrez que ce n’est pas un exercice facile, car nos pensées et nos réflexions biaisent ce que nous ressentons. 

Je ressens une atmosphère unique se dégager de la scène, et une sensation chaleureuse m’envahit. J’ai envie moi aussi de m’installer sur ce sofa afin d’aller à mon tour faire ce que j’aime tant : écrire. Dans ce cadre très intimiste nous montrant Baudelaire à sa lecture, je ressens étonnamment comme une invitation qui me dit de prendre le temps de regarder et de savourer la façon dont l’auteur travaille ou se détend… 

Lorsque je regarde longuement cette toile, je ressens un sentiment serein de profonde simplicité et d’authenticité. Puisqu’il s’agit d’un portrait, je ne peux que croire que Courbet réussit à faire rayonner l’âme de Baudelaire… 

Si nous avons choisi de vous présenter cette oeuvre pour la deuxième salle de notre Galerie Sensible, ce n’est pas par hasard. En effet, c’est à Charles Baudelaire que l’on doit l’origine du mot “ultrasensible”… Celui-ci l’a utilisé pour la première fois dans une de ses critiques concernant l’oeuvre du peintre Eugène Delacroix. De plus, pour faire court, Baudelaire est bien connu pour son spleen, ses émotions intenses et ses écrits touchants… Nul doute que Baudelaire était une figure hautement sensible.

Si vous regardez le tableau, je ne sais pas ce que vous y verrez, mais j’y vois le calme, la plénitude, et cela me fait sourire car je pense qu’à l’intérieur de l’auteur, c’était loin d’être aussi calme… Ce n’est pas étonnant que Courbet ait écrit à son ami et écrivain Champfleury : “Je ne sais pas comment aboutir au portrait de Baudelaire, tous les jours il change de figure.” 


N’hésitez pas à nous dire en commentaire ce que vous ressentez en admirant ce tableau et si notre idée de Galerie Sensible vous parle. A très vite 🙂

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