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Se libérer des étiquettes

Quand j’ai commencé à découvrir les personnalités hautement sensibles, je me suis dit : “chouette, j’ai trouvé ma place. Je sais ce que je suis maintenant et je ne suis plus seul.” J’ai alors fait ce que de nombreuses personnes font, me coller une étiquette : “être humain hautement sensible”. Sans mettre sur le dos de ma sensibilité tous mes faits et gestes pour autant. À un moment de notre vie, je pense que nous faisons tous le choix de porter une étiquette. Sauf que nous sommes bien plus que cela. Et je suis convaincu qu’il faut s’affranchir des étiquettes, et comme une photo de notre amie Alexandra Devaux (professeure des écoles que nous aimerions tous avoir) me la rappeler, ne pas hésiter à sortir du cadre.

Photo prise par Alexandra Devaux (@alexrandradevaux8)

La société fonctionne comme telle. Très jeune, il faut choisir une voie, une spécialité dans laquelle exercer notre métier. Pourtant à regarder les chiffres sur les reconversions professionnelles (en hausse en 2021, la crise sanitaire aidant), choisir cette voie et y rester ne semble pas être la réalité. Et encore je ne compte pas les changements de métier dans un même secteur d’activité ou dans une même entreprise. Pour un multipotentiel par exemple, se cantonner à une seule tâche est extrêmement difficile. Pour ma part, j’ai choisi la communication car elle me permet de faire des tâches variées. Je ne suis pas enfermé dans une seule activité. J’en suis même venu à aider mes collègues pour mieux comprendre l’environnement dans lequel je travaille… Pour moi le travail tel qu’on le voit aujourd’hui c’est une case… C’est nous pousser très jeune à choisir dans quel carton on va nous enfermer. J’admire énormément ceux qui réussissent à sortir de ce schéma et suivre leurs aspirations. Plutôt que des capacités acquises qu’on leur aurait dicté de suivre. Le travail n’est pas la seule case dans laquelle la société veut nous enfermer… En effet il y a plein de code social, qui nous demande de « choisir » quel rôle nous voulons jouer, qui nous devons être, voire où nous devons rester.

Le genre, la sexualité, la masculinité toxique, nos idéaux… Difficile de ne pas se ranger dans telle ou telle cadre tellement il y en a. Quand nous sommes jeunes, nous cherchons bien souvent à se mettre dans l’un de ses cadres. Pour ma part, au collège, je voulais faire partie des gars “cool”. Sauf que voilà, garçon sensible, pas vraiment masculin, alors on m’a rejeté. J’ai longtemps été considéré comme une fille manquée, trop sensible et pas assez viril pour faire partie de cette catégorie de garçons. Cela m’a beaucoup peiné. Alors j’ai continué tant bien que mal à me battre contre cette étiquette qu’on me donnait pour en avoir une autre. Sauf qu’en me battant je n’étais plus vraiment moi-même. À cette époque, je ne savais pas encore que quelques années plus tard je voudrais m’affranchir de cette image d’homme viril qu’on veut nous faire croire. Finalement, s’affranchir des étiquettes est un long chemin, semé de remises en question. Vous avez le droit de vous revendiquer, il n’y a aucun problème à ça. Mais ne vous enfermez pas. Car vous êtes bien plus que cela.

Je vous parlais en introduction de la découverte de ma haute sensibilité. Quand nous avons créé Deeply Sensitive, j’étais encore dans cette phase d’acceptation. Et d’autant plus d’être un homme sensible. Même si pour moi dès le début je ne voyais et ne vois toujours pas la différence entre un homme et une femme sensible. On m’a interrogé à plusieurs reprises sur le fait d’être un homme hautement sensible. Mais je me considère comme un être humain sensible plus qu’homme doté d’une sensibilité. Vous voyez la différence. Ce n’est pas une question de genre ou autre. Tout comme votre sensibilité élevée ne fait pas de vous un être humain. Non, ce sont toutes vos caractéristiques, votre personnalité et votre corps qui font de vous ce que vous êtes. Vous êtes unique, singulier, personne ne vous ressemble. Si vous devez rentrer dans une case, cette case doit être la vôtre et non dans celle que la société voudrait vous donner. Et si nous changions cette case, en un cercle. Un cercle qui pourrait rencontrer d’autres cercles et former une magnifique rosace. Cela me fait d’ailleurs étrangement penser à la géométrie sacrée et la rosace de la fleur de vie. Quand j’ai compris tout ça, cela m’a paru évident. Je ne veux rentrer dans aucune case et la place que je veux occuper dans cette société je veux qu’elle soit la mienne, pas celle que d’autres auront décidée pour moi.

Croyez en votre singularité, et comme l’a dessiné Alexandra à la craie sur la route de l’école dans laquelle elle enseigne, sortez du cadre !

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