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Introverti.e, extraverti.e, ou les deux ? Mon témoignage.

Il y a quelques mois, j’ai rédigé un article sur l’introversion. Comme beaucoup d’articles, je l’ai écrit dans un élan d’inspiration et sur le moment il me semblait être un bon article. Et puis est venu le temps de le publier sur le blog, et à ma grande déception, je me suis rendue compte que l’article que j’avais écrit ne me correspondait plus. Je trouvais cet article nul à publier… Dernièrement, j’ai lu quelque chose de très juste que je tente d’appliquer ici : Mieux vaut faire quelque chose, même si ce n’est pas parfait, que ne rien faire du tout. Je sais bien que rien n’est jamais parfait, mais mon côté perfectionniste n’était pas du tout content de cet article, et malgré les encouragements de David, j’ai décidé de tout recommencer depuis le début, le principal étant pour moi d’être satisfaite de mon écrit. Me voilà donc en train de vous écrire ces lignes.


Introverti (adj.nom) : Attentif à sa vie intérieure et porté à se détourner du monde extérieur. Qui est tourné vers son moi.

Extraverti (adj.nom) : Qui est attentif à autrui et porté à l’extériorisation des sentiments. Qui est tourné vers le monde extérieur.

C’est le psychanalyste suisse Carl Jung qui en 1913 s’intéresse à l’introversion et propose le terme « tourné à l’intérieur » pour désigner ce trait de caractère. Selon lui, c’était un axe majeur de la personnalité humaine. Ce trait de caractère résonne particulièrement chez les personnes hautement sensibles (HS), et cela s’est confirmé lorsque la psychologue et chercheuse Elaine Aron a débuté ses recherches sur la sensibilité élevée. Elle émettait en effet l’hypothèse que plus de la moitié des personnes hautement sensibles étaient introverties, à hauteur de 70%, contre 30% de personnes extraverties. Grâce aux différentes études qui ont été réalisées ces vingt dernières années, nous savons que cette hypothèse est fausse. En réalité, il y aurait un tiers de la population HS introvertie, un tiers extravertie, et un tiers qui serait les deux ! 

Résumé en quelques chiffres :

  • Environ  30% de la population est Hautement Sensible 
  • ⅓ de la population HS est introvertie
  • ⅓ de la population HS est extravertie
  • ⅓ de la population HS est les deux 

Personnellement, et sans m’enfermer dans une case, je fais partie de la dernière catégorie. Je peux être introvertie comme extravertie. Parfois on me dit que je suis très timide, et puis d’autres fois on me dit « Toi, timide ?! Jamais ! ». 

Selon mon humeur ou mes émotions, mon comportement va changer sans que je le veuille. Tout se fait très naturellement. Si je ne suis pas à l’aise dans un groupe, que je trouve un lieu oppressant, que je sens des tensions, je vais avoir énormément de mal à aller vers les autres et je vais rester dans mon coin. Il arrive aussi que j’ai envie de rester chez moi. Je ne ressens pas forcément le besoin de sortir voir du monde etc. (Je pense que cela est aussi dû aux stimulations extérieures auxquelles j’ai été confrontée qui font que  je n’ai qu’une envie, c’est d’être chez moi, mais ça c’est un peu différent. Aussi, ça n’a rien à voir, mais je suis taureau, et apparemment, on est un peu casanier.e.s…). Pour autant, quand je suis avec de très bons ami.e.s, ma famille, dans un lieu sympa qui me met à mon aise, je peux tout à fait passer pour quelqu’un d’extravertie de par mes paroles ou mon comportement. Simplement car je me sens bien, confortable, en confiance, et que je me sens galvanisée par ce qui m’entoure. Suivant mes humeurs et mes émotions à un instant T, je peux être introvertie avec ces mêmes personnes avec qui j’étais extravertie juste avant… Il suffit d’un conflit, d’un changement d’atmosphère, et c’est comme si je me renfermais comme une huitre et qu’un alter égo prenait le relais à ma place. Comme s’il y avait deux moi. Je peux passer d’un enthousiasme exceptionnel dans un contexte où il se passe quelque chose de bien, avec des sourires, des rires, puis vivre comme un basculement brutal à l’annonce d’une mauvaise nouvelle ou face à une situation pénible pour moi… 

Avant de comprendre que cela pouvait être lié d’une quelconque manière à mes émotions et ma sensibilité, je me souviens m’être demandé à plusieurs reprises si j’étais bipolaire (du collège au lycée à peu près, voire pendant ma première année de fac )… Je ne comprenais pas ces différentes personnalités en moi, qui se réveillaient l’une ou l’autre sans que je m’en rende compte, alors que d’autres personnes étaient toujours fidèles à elles-mêmes dans leur comportement et ne changeaient pas ni selon un lieu ou un groupe… Cette question de la bipolarité, j’ai l’impression que nous sommes beaucoup de personnes hautement sensibles à se la poser. Récemment, l’émission Ca commence aujourd’hui a évoqué cet aspect dans une édition spéciale sur l’hypersensibilité. Si vous ne l’avez pas vue, je vous conseille d’aller la regarder. Elle est dispo en replay jusqu’au 20 mars 2021 sur le lien suivant : https://www.france.tv/france-2/ca-commence-aujourd-hui/2257023-emission-du-jeudi-18-fevrier-2021.html. (Petit rappel : la bipolarité n’a rien à voir avec la sensibilité élevée. Il s’agit d’un trouble mental, tandis que la haute sensibilité est un tempérament et non pas une maladie).

Vous l’aurez compris, je me posais énormément de questions, je pensais être différente, bizarre et avoir un problème. Pour autant, je sentais au fond de moi que ce n’était pas si grave, je ne voyais pas vraiment ça comme un défaut de « changer » de personnalité, mais plutôt comme une incompréhension. Pourquoi j’étais comme ça ? J’avais besoin de comprendre. Cependant, j’aimais beaucoup le fait de pouvoir m’adapter à un environnement ou à une personne en particulier. Ça ne me demandait aucun effort car je le faisais naturellement, sans m’en rendre compte. Cet aspect de ma personnalité m’a un jour valu un reproche d’un ami. On devait avoir tous les deux 14 ou 15 ans quand il m’a dit que j’étais hypocrite et que je manipulais les gens en étant toujours différente selon les personnes avec qui j’étais. Je me souviens que ça m’avait beaucoup marqué, et la preuve en est que je ne l’ai toujours pas oublié aujourd’hui puisque je vous le raconte. J’avais trouvé sa réflexion très injuste, voire un peu méchante à l’époque, car pour moi, je ne faisais de mal à personne, j’étais toujours « moi », même si ces « moi » étaient différents selon les personnes avec qui j’étais. Aujourd’hui, j’ai le recul nécessaire pour voir qu’en réalité, il ne voulait pas être méchant avec moi. Il ne comprenait tout simplement pas pourquoi j’agissais de cette manière, et je comprends que cela puisse être un peu déroutant. Un jour j’étais comme ci, un autre comme ça, un jour ça allait et le lendemain pas du tout… Le pauvre ne devait rien comprendre en effet ! Lui aussi devait se dire que j’étais bipolaire !! En tout cas, ce qui est sûr, c’est que j’étais moi tout le temps, j’agissais juste de manière inconsciente, selon mes émotions… Et heureusement, car grâce à ce trait de personnalité, j’ai pu rencontrer des personnes très différentes que je suis vraiment contente de connaître aujourd’hui ! 

Cette petite histoire me permet aussi de vous dire que peu importe ce que les autres pensent ou nous disent, ce qui importe c’est de rester fidèle à nous même… Si vous pensez que vos actions et vos pensées sont justes et sincères, n’écoutez pas ce qu’on peut vous dire. Personne n’est dans votre tête à votre place. Vous seul.e.s savez, vous seul.e.s vous connaissez. J’ai plusieurs fois essayé de faire changer d’avis mon ami sur la façon dont il me voyait, mais ça n’a jamais marché. Il n’a jamais changé d’avis, et notre relation est devenue quelque peu malveillante. Cela m’amène à vous dire de ne pas perdre de temps à essayer de vous justifier ou même de convaincre des gens qui ne voient rien d’autre qu’eux. Ne perdez pas votre temps avec ces gens. Prenez ce temps pour vous concentrer sur vous, ce n’est pas égoïste. Concentrez-vous sur votre bien-être et vous comme vos proches vous en porterez bien mieux, que vous soyez introverti.e.s, extraverti.e.s, ou les deux !

Selon l’environnement, le contexte, les personnes ou le lieu, nous pouvons tout à fait être introverti.e.s ou extraverti.e.s. Aviez-vous remarqué ? Est-ce votre cas ? N’hésitez pas à nous dire  en commentaire si vous êtes plutôt extravertis, introvertis ou si vous aussi vous êtes un peu les deux, ça nous intéresse ! A très vite sur le blog, Séléné

Pour en savoir plus :

Nous avons répertorié pour vous quelques ouvrages sur l’introversion en général ainsi que quelques articles qui en parlent si cela vous intéresse :

  • Laurie Hawkes, La force des introvertis, Ed. Eyrolles, 18€
  • Marti Olsen Laney, Introverti et heureux, Ed. De l’Homme, 22€

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