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Être hautement sensible dans un quotidien en mouvement

J’ai le plaisir de vous retrouver aujourd’hui afin d’évoquer à nouveau le vaste sujet de l’environnement professionnel. Mon précédent article sur ce thème, publié lors de la fête du travail, vous avait beaucoup plu. J’y évoquais notamment ce qui m’avait aidé, lors de mon précédent travail, à me créer un environnement qui me ressemble, dans un bureau que je partageais alors avec une collègue. Ces petites choses importantes et ces petits rituels qui nous font nous sentir bien, dans un lieu pourtant fourmillant d’énergies et de stimuli. Aujourd’hui, je viens vous parler de tout autre chose : l’absence de routine au travail.

Changement d’environnement

Loin d’avoir un bureau fixe, des horaires fixes et une équipe de collègues fixe, mon travail ne se situe plus du tout dans une routine dans laquelle je peux ritualiser ce que j’avais mis en place lors de mon précédent job. Fini la tasse fétiche et le thé qui m’attendent près de la bouilloire, fini ma petite organisation de bureau où je me sens confortable et fini mon petit diffuseur d’huiles essentielles. Pour vous situer un petit peu, mon travail actuel consiste à me rendre dans divers musées, châteaux et autres espaces culturels afin d’y assurer des médiations culturelles et d’y accueillir le public. Je suis ce qu’on appelle un “agent volant multi-sites”. Chaque jour, je me déplace sur un site différent. Je ne connais pas forcément le trajet pour m’y rendre, je ne connais pas toujours les équipes sur place, je ne sais pas où je vais manger le midi, s’il est possible de prendre un gamelle ou non, je ne sais pas si je vais travailler auprès d’adultes ou auprès d’enfants… En bref, je ne sais pas grand-chose de mon emploi du temps à l’avance. Pour tout vous dire, parfois, je me déplace même sur plusieurs sites dans la même journée. Je vous avoue que lorsque j’ai postulé, j’étais tout aussi galvanisée que stressée, car étant une grande sensible, j’avais peur que tous ces déplacements et toutes les personnes différentes que j’allais être amenée à croiser allaient beaucoup me fatiguer et renforcer mon envie d’être seule à la fin de la semaine. 

Lâcher-prise

D’un naturel angoissée, lorsque je dois me rendre quelque part, je regarde bien le trajet en avance afin d’être sûre de ne pas me tromper et d’avoir suffisamment d’avance en cas de souci. A ma grande surprise, ce nouveau travail que j’ai débuté il y a plusieurs mois maintenant, (grande raison de mon absence sur le blog depuis), m’a permis de complètement lâcher-prise sur ce que je ne maîtrise pas ! Je ne sais pas comment faire pour me rendre dans tel musée ? Tant pis ! Je regarde sur Citymapper avant de partir, et pour le reste, j’avise en chemin. Autrefois, la veille au soir, j’aurais étudié tout l’itinéraire et je me serais endormie en y pensant en espérant ne pas me tromper et n’avoir aucun problème sur le chemin… De la même façon, auparavant, ne pas savoir à qui m’adresser en arrivant sur un lieu aurait généré un stress. Désormais, puisque je ne connais pas toujours les équipes sur place, je n’ai plus peur de me présenter et de demander de l’aide afin de savoir où trouver telle personne sur site. Ce lâcher-prise s’est fait d’une manière très naturelle, et cela m’a autant surprise que fait plaisir ! Cette absence de routine, pourtant déstabilisante de prime abord, m’a en fait permis de gagner davantage en assurance et en lâcher-prise. (En y réfléchissant, ce lâcher prise face aux situations que l’on ne maîtrise pas, je le connais déjà bien car j’ai déjà eu affaire à lui lors de mes voyages, seule ou accompagnée. Il est étonnant que ce lâcher-prise s’en aille quelque peu lors du retour dans notre vie “normale”…).

Faire le vide

Le lâcher-prise, d’un point de vue développement personnel, c’est bien. Mais qu’en est-il de ma haute sensibilité dans ce quotidien à 100 à l’heure, passé dans des endroits sans cesse nouveaux et dans les transports en commun, où je dois continuellement m’adapter à mon environnement ? La bonne nouvelle, c’est que m’adapter, je sais faire. J’ai toujours su le faire. Le point de vigilance ici, c’est que je dois faire attention à ne pas me sur-adapter. Le but n’est pas de mettre mon travail au premier plan et de m’oublier. Tout en continuant à écouter mon corps et mes émotions, je dois désormais apprendre à trouver des temps ressources où je peux évacuer tous les stimuli auxquels je fais face, et ce, sans forcément attendre d’être rentrée à la maison. Et oui, quand on a un quotidien avec une routine fixe, il est facile de se dégager une plage horaire afin de profiter d’un moment à soi. Quand on ne connaît pas ses horaires à l’avance ni le lieu où l’on va être, chaque petit moment de libre devient un moment potentiel d’ancrage et d’évacuation des émotions. Ce que m’a appris ce quotidien en mouvement, c’est de savoir saisir chaque opportunité de calme, et surtout de bien respirer. 

D’où l’importance de respirer 

Bien respirer, pourquoi ? Une personne désagréable dans le métro, un retard, une fatigue plus forte que d’habitude, il suffit de peu pour que mes sensations soient mises à rude épreuve et que mes émotions demandent à être évacuées… C’est pour cela que je chéris ces petits instants où je peux laisser mes émotions me traverser afin qu’elles s’en aillent. Ce qui est plus difficile, c’est quand ces petits moments ne suffisent pas à laisser passer une émotion, ou bien qu’il ne m’est pas possible de prendre ce temps pour moi. Dans ces cas-là, ça devient un peu compliqué pour moi. Heureusement, je finis toujours par prendre le temps de m’octroyer une pause, notamment pendant le déjeuner, où je file dehors dès que je le peux afin de faire une vraie coupure et de prendre une grande bouffée d’air frais. C’est un moment important pour moi, voire un moment “repère” comme j’aime bien le nommer. En effet, n’ayant pas vraiment de routine, cette fameuse pause dej est le moment de la journée, qui finalement, revient tous les jours, peu importe le lieu où je me trouve. Ainsi, il devient une sorte de repère temporel où je peux prévoir de faire telle ou telle chose, et surtout de souffler loin du flux des publics. 

Mes astuces

Malgré l’absence de routine, j’ai tout de même réussi à trouver quelques parades qui me font du bien lorsque c’est un peu la course. En dehors de la pause déjeuner qui me sert de repère, il y a, à la base de toute chose, des chaussures et une tenue confortables. Vous ne vous attendiez peut-être pas à cela, mais croyez-moi, quand vous n’avez pas d’endroit à vous avec vos affaires et quand vous vous déplacez sans cesse, il est d’une importance capitale d’être à l’aise dans ses habits ! Je dis non merci aux sensations désagréables d’étiquettes qui grattent ou de matières qui collent à la peau quand il fait chaud… Je fais donc très attention à ce que je mets. La deuxième chose, c’est d’avoir toujours une huile essentielle sur moi ou un petit parfum. Les odeurs ont ce petit quelque chose qui me font du bien, qui m’apaisent et me permettent de m’ancrer instantanément. Si en plus d’une odeur agréable, celle-ci a une propriété bienfaisante, alors c’est encore mieux. Personnellement, j’utilise celle de gingembre qui me permet de faire passer mes nausées en cas de mal des transports. Autant allier l’utile à l’agréable. Comme vous pouvez le constater, ce sont pour l’instant des astuces liées à mes sens. Et oui, je suis une grande sensible aux diverses hyperesthésies… De la même façon, j’ai toujours des petits bonbons à la menthe dans mon sac. Ceux-ci me permettent de me calmer lorsque je me sens un petit peu agacée, angoissée ou mal à l’aise. Le fait de les sucer me fait me concentrer sur autre chose, et ainsi, l’agacement passe. Évidemment, dans mon sac, il y a aussi l’incontournable carnet et stylo qui ne me quittent jamais, dans lequel je note émotions fortes, pensées fulgurantes et idées spontanées… Vu mes temps de trajet, pouvant parfois être un peu longs, je ne pars jamais sans un livre, et depuis peu, sans mes écouteurs. Moi qui n’ai jamais apprécié me couper du bruit environnant par peur de ce qui pourrait se passer autour de moi sans que je l’entende, je me rends compte que désormais, j’ai du mal à supporter les bruits. Dans les transports surtout, où les gens parlent fort, sont au téléphone, ont la musique à fond, où le signal sonore des portes qui se ferment retentit dans mon corps… Tout cela m’agresse. J’ai le palpitant qui s’active et parfois mal à la tête… Mes écouteurs sont ainsi devenus mes alliés ! 


Je pense que vous l’aurez compris à travers cet article, ce nouveau travail et ce quotidien en mouvement permanent que je vis est très challengeant, d’un point de vue professionnel mais aussi et surtout personnel en raison de ma sensibilité élevée. C’est un travail qui me plaît, où je fais de très belles rencontres et où je profite de travailler des lieux absolument superbes. Cependant, le revers est pour moi fatiguant. J’ai sans doute davantage besoin de temps de repos que certaines autres personnes à la sensibilité moins grande. L’essentiel est que je connaisse mes besoins, que je sache écouter mes émotions et mon corps afin de trouver mon équilibre. Je vous avoue qu’au début ce n’était pas évident, mais c’est en bonne voie !

Si vous êtes arrivé.es jusqu’ici, je vous remercie de m’avoir lue. N’hésitez pas à partager vos astuces et citer les choses qui vous font du bien sur votre lieu de travail et qui vous aident lors de moments difficiles… A très vite,

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