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Océan mélancolique – une escale intérieure

J’ai longtemps pensé que j’étais une personne vraiment déprimante ou que j’aimais les choses tristes. Mais je ne crois pas que ça soit le cas. Je suis plutôt optimiste et je préfère voir le bon côté des choses plutôt que les mauvaises. Néanmoins je suis quelqu’un qui traîne une profonde mélancolie. Et je me suis toujours demandé pourquoi… Je pense que cette mélancolie je la puise dans la profondeur. Je ne me contente pas du superficiel, c’est même quelque chose que je déteste. Même si au premier abord on pourrait penser que je le suis. Je suis quelqu’un qui aime bien s’apprêter, mettre de jolis vêtements, oser par moment certains styles qui paraîtraient « osés » pour certains. J’apporte de l’importance à mon physique mais cela ne veut pas dire que j’importe de l’importance au physique des autres. Au contraire, chacun est libre de faire ce qu’il veut. 

Je diverge un peu, mais j’ai souvent l’impression parfois de devoir justifier mon comportement. Revenons à la mélancolie. Je suis parti quelques jours en Normandie avec des amis. J’y ai vu les plages du débarquement. J’avais une certaine appréhension d’y aller, car je sais que ce sont des lieux chargés d’une histoire plutôt lourde et de savoir les horreurs qui s’y sont produites et notamment comment les gens ont vécu cette période, j’avais peur de le ressentir. Finalement ça s’est plutôt bien passé, même s’ il y avait dans ma tête cette arrière goût de guerre. 

Beaucoup aiment la mer et voient en elle véritablement les vacances. Pour moi la mer est synonyme de mélancolie, une escale intérieure. Loin du farniente, quand j’y vais c’est véritablement pour vider mes énergies. Comme si l’air marin et l’eau salée allaient tous deux me purifier. En regardant les vagues, en entendant le clapotis de l’eau, en sentant l’iode, je suis comme bercé et je trouve la mer totalement hypnotique. Ces quelques heures passées près de l’eau m’ont d’ailleurs épuisé. A la fin de chaque balade, j’avais l’impression de revenir totalement au bout de mes batteries. Peut-être qu’en effet la mer a le pouvoir de me vider totalement des choses négatives. 

Une petite photo prise lors de mon week-end sur la plage d’Omaha Beach, l’une des plages du débarquement

Je disais un peu plus haut que pour moi la mer est synonyme de mélancolie. Je pense que cela est dû au fait qu’en l’observant longuement elle m’oblige à penser. Cette eau bleutée, parfois d’un bleu tellement profond, me pousse véritablement à regarder au fond de moi. Je plonge véritablement dans les profondeurs de mon océan intérieur. J’ai des souvenirs qui remontent, des musiques, des instants… Tout ça me donne parfois envie de pleurer. Je n’ai pas pleurer là bas, j’étais plutôt concentré sur l’eau et puis il y avait mes amis et des touristes. Mais j’étais vraiment dans mes pensées, oubliant parfois ce qui m’entourait. Mais maintenant, en vous écrivant de là bas, les larmes montent. Je me suis isolé un instant, pour être au calme et mettre à plat ce séjour. Peut-être que le fait d’être au calme fait ressurgir des choses que j’ai ressenti sur place et qui ne ressortent que maintenant. 

J’ai toujours une petite musique qui revient quand j’observe l’horizon et cette eau qui touche le ciel. Je ne pourrais pas vous citer laquelle, mais je sais que c’est une musique au piano, certainement une que je compose tout seul. Si je n’avais pas été avec mes amis, je pense que je serais resté longtemps assis là, à penser et m’enfoncer de plus en plus dans les abysses. Je reviendrais près de la mer, car je sais que j’ai besoin d’elle pour me vider, pour la ressentir, pour me souvenir que la vie est belle, que la nature est magnifique, pour me retrouver, sentir cette mélancolie m’envahir et juste pleurer pour exprimer ma gratitude face à cette univers que je ne comprends pas toujours et pour tous ces moments heureux que je vis. 

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