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Solitude en solitaire

Tout comme Séléné vous en a parlé dans son article sur le conte du Vilain petit canard, j’ai moi-même rencontré de nombreuses difficultés à vous écrire un article sur la solitude. Dernièrement, lors d’une soirée, on m’a posé la question suivante : « Ça ne te pèse pas de rentrer chez toi et de n’avoir personne à qui te confier ou à qui parler ?” Spontanément j’ai répondu négativement. Avec du recul, en analysant ma réponse et ce que je souhaitais écrire sur la solitude, j’ai compris pourquoi j’avais tant de difficultés. Je faisais fausse route, en confondant le sentiment de se sentir seul et celui de vouloir être seul.

“J’ai peur d’être si différent que je resterai seul toute ma vie”. C’est ce que je vous partageais dans un article sur la peur. Et pourtant, j’ai manifesté mon envie d’être seul lors de cette soirée. Alors soit je commence à devenir vraiment zinzin, soit je ne suis pas clair et je me contredis sans cesse (je suis en perpétuelle réflexion donc ça ne m’étonnerait pas), soit il y a une autre explication. Je me suis alors renseigné sur la solitude et notamment sur sa définition. D’après le Larousse, la solitude est un “état de quelqu’un qui est seul momentanément ou habituellement”. Le Larousse apporte même une distinction psychologique comme “un état de quelqu’un qui est psychologiquement seul”. D’accord, alors moi je vis seul, ça me convient très bien, mais d’un côté j’ai peur de le rester… La distinction que fait le Larousse entre solitude physique et solitude psychologique apporte peut-être des réponses. Ce n’est pas tant la solitude physique qui m’affecte le plus, mais celle de la pensée. En effet, je pense que j’ai peur d’être tellement différent que je ne sois plus compris ou que je ne comprenne plus les autres sur le plan moral. J’ai peur de provoquer la solitude en m’embourbant dans mes réflexions. Car quand ça arrive, j’ai tendance à mettre le reste du monde en sourdine, si bien que j’ai l’impression de créer un décalage. C’est étrange de voir les choses sous cet angle, de parler de “créer de la solitude”. Finalement, c’est comme si je m’empêche de me laisser aller au plus profond de mes réflexions pour éviter de me sentir seul… Si je dois comparer à mon jeune âge, le fait de m’être accepté et d’être entouré de personnes qui m’acceptent tel que je suis, ont apaisé ce sentiment d’être seul au monde. Plus jeune, je ne comprenais pas encore que j’étais un grand sensible et que c’est un caractère bien connu et non une anormalité. Le blog m’a largement aidé à sortir de cette bulle et mon entourage, toujours aussi présent, bienveillant et tolérant m’a évité de sombrer. Alors pourquoi j’aime autant rester seul dans mon appartement ? Je me suis tout de suite dit que quelque chose n’allait pas chez moi, alors qu’en fait pas du tout.

Il y a quelques années, j’avais très peur de rester seul dans la maison de mes parents. Puis un moment, il a quand même fallu que je gagne en autonomie et que je quitte le domaine familial. Le début a été un peu compliqué mais je m’y suis fait. J’avais des interactions sociales au travail et en dehors, donc finalement je ne ressentais pas vraiment la solitude. Puis j’étais souvent en sortie, donc mon esprit était toujours occupé. Lors du premier confinement, mes parents m’avaient proposé d’aller chez eux, mais j’ai préféré décliner sachant que ça n’allait pas être facile pour moi. Parce que pour le coup, je décidais de me couper du monde pour une période indéterminée. Bizarrement, je ressentais tout de même le besoin de faire cette coupure et de réduire quelque peu mon train de vie habituel. Le premier mois a été plutôt dur, puis finalement je m’y suis fait. J’étais même plutôt bien. Si bien qu’aujourd’hui, j’apprécie réellement d’être seul chez moi. Ne pas avoir de présence ne me gêne absolument pas. J’ai, d’ailleurs, plutôt peur d’une éventuelle cohabitation avec quelqu’un plus tard. Chez moi, c’est mon espace et mon havre de paix. Je suis totalement indépendant dans cet espace et je dois avouer que j’adore ça. D’ailleurs je vous avais fait un petit article sur l’importance d’avoir un lieu voire des moments à soi dans un précédent article. Je pense que je deviens de plus en plus solitaire, plutôt que de ressentir de la solitude. Ne dépendre de personne et gérer mon temps, mes émotions, mes délires comme j’en ai envie, c’est devenu une question de survie pour moi. Je n’étais pas comme ça avant et je me suis posé la question sur ce qui a provoqué ce nouvel état d’esprit… De mon point de vue, je crois que mon train de vie effréné et ma dernière relation y sont pour quelque chose… J’étais tellement impliqué émotionnellement que je me sentais dépendant, plus vraiment libre de ressentir des émotions… Le confinent m’a imposé un temps de pause qui m’a permis de me remettre en question, de prendre du temps pour moi et surtout de m’apercevoir que j’en avais vraiment besoin. Par ailleurs, ma relation était tellement prenante, qu’en se finissant, j’ai une l’impression de retrouver une simplicité dans mon quotidien. Mon fonctionnement et ces derniers événements, m’ont montré la route de l’introspection et de l’importance de prendre du temps seul. Je reçois tellement d’amour de la part de mes amis et de ma famille, que je ne le recherche plus vraiment. Ou alors j’ai totalement fermé mon cœur dans une forteresse entourée de lave, puis d’un dragon et un dôme de verre solide pour éviter de revivre la même chose… J’ai souvent cette remarque où on me dit que c’est dommage de rester seul. Je ressens une certaine pression à devoir me mettre en couple. Surtout à mon âge où la plupart fondent une famille. Grand bien leur fasse, mais je crois que de mon côté, j’ai encore besoin d’approfondir et de guérir certaines choses à l’intérieur de moi avant d’écrire ce chapitre de ma vie.

J’en suis donc venu à la conclusion suivante, nous pouvons être solitaires et ne pas ressentir de solitude ou bien au contraire, être très bien entouré et se sentir extrêmement seul. Il n’y a pas vraiment de règles. Je pense d’ailleurs que la solitude est un sentiment grandissant de nos jours et qu’elle peut être un véritable fléau pour certaines personnes. En cherchant sur internet, d’éventuels chiffres sur les personnes ressentant de la solitude, je suis tombé sur une quantité hallucinante d’articles pour vaincre la solitude… Sauf que voilà, se sentir seul peut provenir d’une multitude de causes. Le mieux est d’en parler à quelqu’un de confiance, voire un professionnel. Car à long terme, la solitude peut causer de vrais dangers physiques et surtout mentaux. N’hésitez donc pas à en parler. Concernant la volonté de vivre seul et de s’enfermer dans sa bulle, je pense que cela peut nous aider à nous ressourcer, mais il ne faut pas oublier de s’ouvrir au monde pour en découvrir sa diversité et nourrir son esprit.

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