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Un témoignage courageux

Chères lectrices, chers lecteurs, les témoignages que nous souhaitons vous proposer de lire sont très importants pour nous. Ils nous permettent de  poursuivre notre volonté de partager et d’échanger sur le thème de la haute sensibilité. A travers eux, nous souhaitons démontrer toute la diversité de la sensibilité élevée, unique à chacun.e. Si vous souhaitez vous aussi témoigner pour notre blog, nous avons créé un Google Form accessible sur ce lien : https://forms.gle/yYgoF2mhhUWsyBNA9

Aujourd’hui, nous partons à la rencontre d’une jeune femme étonnante, courageuse, qui nous a fait part de son histoire avec beaucoup de générosité. Comme d’habitude, les illustrations accompagnant cet article nous a ont envoyées par la personne qui témoigne afin de partager des choses qu’elle aime 🙂

Nous ne vous le dirons jamais assez, mais merci infiniment de nous faire confiance et nous envoyant les récits de votre vie. Très bonne lecture !

N’hésitez pas à laisser un commentaire à l’issu de ce généreux témoignage. Cela nous fait toujours plaisir de vous lire et de savoir que vous aussi, vous vous identifiez peut-être à travers les histoires des un.e.s et des autres.


« Hello,

Comme pour beaucoup, la mer l’apaise beaucoup, en particulier celle de la Bretagne.

J’avais envie de partager un peu mon expérience d’hypersensible depuis un moment, et le faire ici me semble sensé. 

J’ai toujours fait très attention au monde autour de moi, depuis toute petite. J’ai eu une enfance un peu compliquée. Globalement, jusqu’à récemment, j’étais tellement sensible aux sentiments et émotions des autres, que je passais mon temps à vouloir arranger les choses pour les autres, pour que je puisse me sentir bien aussi. J’ai toujours eu du mal à faire le trie entre mes sentiments et ceux des autres. Petite, si ma mère me déposait chez d’autres gens, je m’adaptais pour être la petite fille parfaite et n’embêter personne. A la maison, je m’oubliais également, parce qu’il y avait déjà beaucoup de conflits et je ne voulais pas en ajouter. J’ai toujours eu un rôle de médiateur, qui a souvent été difficile à vivre, puisqu’à force de me mettre dans cette position, on oubliait un peu mes sentiments et mon ressenti.

Il a fallu attendre que je me retrouve dans un environnement sain et dans lequel je me sentais en confiance pour que je comprenne que mes sentiments aussi avaient de l’importance. A ce moment-là, j’ai vécu une période très compliquée, je suis tombée en dépression. C’était un peu comme si tout ce que j’avais un peu ignoré jusqu’à présent me tombait sur la figure d’un coup. J’ai dû prendre du temps pour moi et prendre le temps d’analyser ce que je pouvais accepter ou non. J’ai été bien entouré et ça a été une vraie force.

Je vous passe un peu les différentes épreuves que j’ai traversées durant mon enfance/adolescence voir vie de jeune adulte volontairement, parce que ce n’est pas vraiment le sujet, mais il y avait beaucoup de choses à assimiler (problèmes familiaux, relation toxique et j’en passe…).

Dessin réalisé par notre chère jeune femme qui témoigne.

Globalement, la création a été un véritable outil pour moi. C’était ce qui me permettait de m’exprimer et encore aujourd’hui ça reste quelque chose dont j’ai besoin. Je fais de la musique, du dessin, je lis beaucoup, j’écris, je fais du tricot… Ce sont des choses qui me permettent d’extérioriser et je trouve qu’il y a quelque chose de très satisfaisant dans la création, on est toujours fière d’avoir réussi à faire quelque chose, même si ce n’est pas toujours réussi. 

Aujourd’hui, j’apprends encore tous les jours à gérer cette hypersensibilité. J’ai fait du trie autour de moi, j’ai essayé de sortir les personnes négatives de ma vie, ce qui n’a pas été facile mais qui me fait du bien au quotidien. Je prends le temps d’analyser les situations avant de réagir. Je continue d’aider les gens autour de moi s’ils en ont besoin et si j’en suis capable. J’apprends à m’écouter, à me mettre des limites. Je continue à m’émerveiller des petites choses simples de la vie, de voir qu’une de mes plantes a fait une fleur dans la nuit, que le ciel est particulièrement beau un soir, que ces jeunes qui prennent le temps de discuter avec des sdf dans la rue sont vraiment généreux… Il m’arrive beaucoup plus facilement qu’avant d’avoir les larmes aux yeux pour ce genre de petits détails, mais je ne m’en cache plus et quand ça arrive j’en profite. 

Il est bien possible également que j’ai un HPI (Haut Potentiel Intellectuel), cela a été évoqué dans plusieurs thérapies que j’ai pu suivre, même si je n’ai jamais été jusqu’à passer un test. En tout cas, une psychothérapeute me disait « trop intelligente pour mon propre bien ». Ce qu’elle voulait dire, c’est que j’ai tendance à comprendre très facilement les situations et les comportements des autres, ce qui me rend très compatissante. J’ai du mal à en vouloir aux autres, parce que je comprends leur cheminement de pensées. D’ailleurs, lors de ces séances de thérapie, j’ai réalisé que je n’avais pas de mal à analyser les situations, me concernant mais concernant également le comportement des autres, et que je manquais simplement d’outils pour gérer les choses. 

J’ai également quelques soucis de sommeil et je m’angoisse très facilement… Je suis encore en train de chercher un équilibre dans toutes mes émotions, mais en me renseignant sur l’hypersensibilité j’ai pu comprendre beaucoup de choses sur moi et ça m’a fait beaucoup de bien. Il a fallu passer par des moments très durs, mais je suis heureuse aujourd’hui d’assumer mes émotions, d’être à leur écoute et de prendre soin de moi. Et tant pis si je ne suis pas capable tous les jours d’être disponible pour les autres. Au moins, je me sens mieux maintenant.« 


Lorsqu’on a reçu ce témoignage via notre google form, nous avons tous les deux été très touchés par l’histoire de cette jeune femme. J’ai été vraiment très émue lors de sa lecture car sur beaucoup de points, je me suis retrouvée, et cela m’a bouleversée. Je ressens une joie immense de pouvoir communiquer à travers ce blog et de pouvoir partager vos histoires, pour la bonne raison que l’on se sent souvent bien seul.e.s avec notre sensibilité et ce qui en découle. Mais nous ne sommes pas seul.e.s. Les récits de vos vies, bien qu’uniques, s’entremêlent avec les récits de chacun.e.s. Ensemble, nous nous apportons beaucoup de réconfort et de bienveillance, et c’est en cela quelque chose de merveilleux.

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2 commentaires sur “Un témoignage courageux”